QUELQUES VŒUX

Après quelques mois d’interruption, ce blog retrouve vie à la faveur d’une actualité rugueuse. Alors que le début d’année est traditionnellement consacré aux vœux de tous ordres – et je présente à chacune et chacun d’entre vous les miens pour que 2019 réponde à ses souhaits et ses attentes – c’est vers l’état du pays que sont dirigés tous les regards et toutes les interrogations. La crise est profonde, les responsabilités du Gouvernement immenses, mais la violence ne peut être une réponse et il nous faut donc réfléchir à la manière de sortir par le haut de cette situation pour que les Français, tous les Français, se sentent reconnus et retrouvent confiance dans l’avenir.

Je ne reviens pas ici sur les causes d’un malaise qui s’est transformé au cours des semaines en véritable crise sociale et démocratique : une politique injuste trop favorable aux plus riches alors qu’elle demande des efforts accrus aux ménages modestes, le sentiment de beaucoup d’être non seulement incompris mais malaimés voire méprisés, la mise à l’écart de tous ceux qui au quotidien cherchent à trouver des solutions, élus locaux, associations, syndicats…

La question est désormais de savoir comment sortir de cette crise, alors que les annonces faites le 10 décembre dernier par le Président de la République semblent oubliées de tous (10 Milliards d’euros sur la table, quand même…une paille !) et que la violence s’installe comme un rituel insupportable, renvoyant au monde des images de désordre dommageables mais qui surtout doivent être condamnées sans ambiguïté car en démocratie, la violence ne peut jamais se justifier. Nous devons retrouver le chemin et le sens d’un dialogue positif.

Le grand débat esquisse des perspectives, à condition qu’il ne se transforme ni en grand bazar ni en faux semblant. Au-delà des convictions politiques des uns ou des autres, chacun a intérêt à ce que ce débat réussisse, ce qui est un grand défi. Qu’il se passe dans le calme et le respect, qu’il aboutisse à des perspectives qui remotivent le pays, et que le Gouvernement en respecte les conclusions. Un débat réussi, ce n’est pas un débat consensuel, c’est un débat respectueux qui permette de discuter, de s’affronter même.

Pour que le Grand débat réussisse, il y a des conditions à respecter, parmi lesquelles la mise en place d’une commission qui l’anime et en tire les leçons, présidée par des personnalités indépendantes, garantes par leur histoire, leur engagement, qu’il ne sera pas récupéré par qui que ce soit, groupe de pression, lobby, agitateurs quelconques ou, bien entendu, le Gouvernement lui-même. Celui-ci ne peut engager les discussions en expliquant que cela ne le fera pas dévier du cap fixé : à quoi bon débattre si aucun changement n’est à en attendre alors que précisément la crise est née d’une exigence de changement social, fiscal et démocratique.

En cette période de vœux, je forme celui que le calme et le respect reviennent, permettant un débat de fond, un débat sans fard, sans faux-semblant, qui permette à chacun d’être entendu, à la justice sociale d’être notre boussole collective et à notre pays d’aller mieux.

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