Marisol TOURAINE avec M. A. BELMADANI, Directeur de la stratégie et des ressources du ministère de la Santé du Maroc

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Rencontre avec le ministre de la santé et le ministre de l’économie et des finances du Maroc

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Crise de confiance ?

La crise du multilatéralisme, dans tous les esprits depuis l’élection de Trump, ajoute au sentiment de crise. Les défis que les jeunes générations doivent relever sont immenses : réchauffement climatique et avenir de la planète, réduction des inégalités et répartition des richesses, place des femmes dans les sociétés du monde, développement économique et migrations, les urgences sont nombreuses. Or, les cadres de pensée actuels pour les affronter semblent dépassés, comme si nous n’avions pour préparer notre avenir que les réponses du passé. Les nouvelles technologies se multiplient, mais sont porteuses d’autant d’espoirs que de dangers : la rapidité de l’information pousse à la transparence mais favorise les « fake news », les découvertes médicales accélèrent les diagnostics mais font oublier que sans systèmes de santé robustes la technologie ne peut pas grand chose.

Comment s’étonner dans ces conditions de la crise que traversent les démocraties, et de la tentation accrue de troquer les libertés, individuelles ou publiques, contre du pouvoir d’achat ou de la sécurité ? Le populisme naît de l’incapacité des responsables politiques, mais aussi économiques, de proposer les réponses du XXI eme siècle aux défis de l’époque. Nous traversons une crise de confiance.  

Crise de confiance qui traverse les continents et les générations. 
Rarement la parole publique aura été tant dévaluée, avec d’autant plus de violence que personne ne propose de perspective convaincante. 

A l’échelle mondiale aussi, la crise frappe de plein fouet. Les foyers de tension n’avaient pas été aussi prêts de s’enflammer depuis longtemps, les relations bilatérales dominent l’agenda international, les cénacles de la coopération internationale semblent tétanisés, leurs membres haletant  dans une course sans fin sur la roue à la manière des hamsters dans leur cage. L’ONU est impuissante face aux terrorismes et aux gesticulations américaines, le commerce mondial s’affole de la multiplication des sanctions et aucune coopération ne paraît en mesure de réguler les migrations qu’attise l’étalage indécent des richesses.

Et la santé mondiale dans tout cela ? Les défis ne sont pas moindres. La santé mondiale ce n’est pas l’addition des maladies individuelles, ce sont toutes les pathologies qui appellent des réponses coordonnées parce que face aux épidémies et aux infections transmissibles il ne sert à rien de se protéger derrière des frontières si on n’agit pas aussi au niveau mondial. Les enjeux sont considérables, on l’a vu de manière dramatique lors de l’épidémie Ebola en 2015. Un enfant meurt toutes les deux minutes du paludisme, le sida tue encore un million de personnes chaque année, la résistance aux traitements se généralise, pour la tuberculose comme pour d’autres traitements. Des institutions se sont mises en place dans les années 2000 pour y faire face, dont Unitaid, la France s’est engagée avec vigueur, en devenant leur deuxième financeur le plus important et en portant des idées fortes, inspirées de sa conception universelle et solidaire des politiques de santé, comme l’objectif de Couverture Sanitaire Universelle désormais repris par l’ONU. Et les résultats sont là, concrets : le prix des médicaments dans les pays pauvres a baissé drastiquement, 70% des malades du Sida sont sous traitement ( ils étaient 2% à la fin des années 1990), des traitements efficaces adaptés aux enfants ont vu le jour.

La santé mondiale n’est pas en crise même si l’engagement des financements reste toujours fragile et incertain. Le Président E.Macron a raison de s’engager fortement  pour obtenir de la communauté internationale qu’elle garantisse les fonds nécessaires, ce que l’on vérifiera lors de la conférence de Lyon du 10 octobre prochain : on peut saluer la force de ses prises de position pour la santé mondiale. 

C’est d’ailleurs un engagement qui peut être payant pour l’ensemble du multilatéralisme. Des besoins identifiés, des réponses concrètes adaptées, des coopérations renforcées, des financements fléchés : la santé mondiale peut servir de modèle pour une relance du multilatéralisme.

Marisol TOURAINE

Au Forum Crans Montana, à Genève, autour de la crise du multilatéralisme, avec Mr Jean-Paul Carteron, Honorary Chairman and Founder of the Crans Montana Forum, Mrs. Hadja Conde Djéné Kaba, First Lady of the Republic, Guinea, Mr. Armen Sarkissian, President of the Republic, Armenia , Mr. Enele Sopoaga, Prime Minister, Tuvalu, Mr. Abdullah Abdullah, Chief Executive (Prime Minister), Afghanistan , Mr. Behgjet Pacolli, Dep. Prime Minister and Minister of Foreign Affairs, Kosovo, Mr. Moustapha Cissé Lo, Speaker, ECOWAS Parliament , Mr. Carles Puigdemont, MEP elected, European Parliament, Pfr. Carlo Lombardini, Lawyer

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Marisol TOURAINE invitée du Grand entretien sur France Inter

Marisol TOURAINE était l’invitée, mardi 25 juin, du Grand entretien sur France Inter. Elle a répondu aux questions de Léa Salamé et Nicolas Demorand sur la PMA, la fin de vie, la réforme des retraites…

Vous pouvez écouter l’interview en cliquant ici.

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J-110

Week-end de mobilisation intense contre le VIH-Sida. A peine revenue de Séoul, où j’ai officiellement pris la présidence d’Unitaid, j’étais à l’Elysée vendredi soir où Emmanuel Macron et Elton John lançaient la mobilisation pour « la reconstitution du Fonds Mondial », concrètement son financement. Tous les 3 ans le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose doit assurer ses financements. Cette année, c’est la France qui a pris la tête des opérations, avec pour objectif d’engranger 14 Milliards $ contre 12 pour les 3 années précédentes. Résultat des courses le 10 octobre prochain, à Lyon. Le compte à rebours est lancé.

Le Fonds Mondial est l’une des grandes organisations internationales à mettre en œuvre des programmes opérationnels, dans les pays concernés, pour faire reculer les maladies infectieuses. Unitaid intervient en amont, pour faire émerger les actions innovantes qui permettent d’accélérer et d’obtenir des résultats plus vite. Le Fonds Mondial a besoin d’Unitaid pour aller plus vite et Unitaid s’appuie sur le Fonds Mondial qui déploie à grande échelle les programmes opérationnels.

Cette mobilisation est nécessaire, à un moment où les jeunes générations ont le sentiment que le Sida est une maladie du passé. L’oubli tue. Chaque année, 1 million de personnes dans le monde meurent du Sida, 40% des malades sont sans traitement. En France, 6400 nouvelles infections sont recensées chaque année : cela semble peu, c’est 6400 malades de trop.

Solidays rappelle cela chaque année, de manière engagée, positive, festive. Ce festival permet de faire circuler l’information, de sensibiliser les jeunes générations, de faire reculer les stigmatisations. Car le message principal est bien là : la lutte contre le Sida est d’abord un enjeu politique. Aux gouvernants d’assumer leurs responsabilités pour qu’en 2030, la maladie ait disparu, ou considérablement reculé.

Protéger la planète, c’est aussi protéger les femmes et les hommes qui l’habitent.

Marisol TOURAINE

A l’Elysée, avec Sir Elton John
A l’Elysée, avec Sir Elton John & Leilo Marmora, Directeur exécutif d’Unitaid
Solidays : table ronde animée par Sébastien Folin, avec Donald Kaberuka, président du Fonds Mondial, et Stéphanie Seydoux, ambassadrice française pour la santé mondiale.

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Discours au congrès d’AIDES à Tours

Marisol TOURAINE a participé le 14 juin au congrès d’AIDES organisé à Tours.

Vous pouvez lire son intervention ci-dessous.

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Discours à Conférence annuelle sur le SIDA à Saint-Pétersbourg

Marisol TOURAINE a participé, les 10 et 11 juin 2019, à la Conférence annuelle sur le SIDA à Saint-Pétersbourg.

Vous pouvez lire son discours ci-dessous :

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Sécu : le choix dangereux du déficit

La Sécu replongerait dans le déficit, sans que l’on connaisse encore l’ampleur de la rechute. Plusieurs milliards sans doute. Au moment où des besoins s’expriment avec force, par exemple dans les services hospitaliers d’urgence, il ne faut pas avoir l’obsession de l’équilibre : si le déficit annoncé résultait d’un grand plan hospitalier, je serais la première à applaudir.

Mais la vérité est toute autre : le Gouvernement choisit de fragiliser la sécurité sociale en ne lui compensant pas la baisse des cotisations sociales annoncées. A l’évidence, la fragilité de la croissance n’arrange pas les affaires des comptes sociaux, directement indexés sur l’activité économique : les créations d’emplois sont les meilleurs atouts de la sécu puisque chaque emploi créé fait rentrer des cotisations dans ses caisses. Les choix libéraux effectués jusqu’à maintenant ne donnent pas de résultats tangibles, et c’est préoccupant puisque le Gouvernement a dû revoir sa prévision de croissance significativement à la baisse ( 1,4% au lieu d’1,7%). 

Mauvais choix économiques mais surtout, donc, mauvais choix politique : le Gouvernement continue de sacrifier la sécu en ne compensant pas les recettes qu’il lui supprime et ce faisant persiste dans une politique qui fragilise les comptes sociaux. Persiste, car c’est un choix effectué dès 2017, alors que la sécu avait été rééquilibrée : j’avais laissé la maison en ordre en juin, annonçant qu’il manquait 400 millions sur un budget de plusieurs centaines de milliards, et que les comptes seraient dans le vert à l’automne 2017. C’était sans compter sur le fait que, rompant avec la règle des années 2012-2017, les exonérations de cotisations sociales n’ont pas été intégralement compensées à l’automne 2017. Le Gouvernement a donc dès le début choisi de sacrifier le budget de la sécu pour éviter au budget de l’Etat de payer ce qu’il doit. Tour de passe passe, dira-t-on, mais qui marque bien les priorités actuelles, et qui s’est reproduit en 2018 et, donc, de nouveau  cette année, pour atteindre des sommets puisque ce sont plusieurs milliards de recettes de la sécu qui ne lui sont pas versées. 

Avant aussi,  Bercy tentait régulièrement de ne pas payer son dû à la sécurité sociale : j’en avais fait une affaire politique, menant fermement la bataille, soutenue par les parlementaires de gauche et même certains de l’opposition.

A l’évidence le Gouvernement fait aujourd’hui un autre choix, et ce choix est dangereux. Dangereux parce que seule une situation stable permet des politiques sociales ambitieuses. Dangereux parce qu’à force de tout mélanger, comptes sociaux et budget de l’Etat, le gouvernement se donne la possibilité d’escamoter chaque fois un peu plus les ressources de la sécu. Dangereux enfin parce qu’à un moment où le discours dominant voudrait que la question sociale soit réglée et que seule demeure l’enjeu écologique ( au demeurant majeur), on souhaiterait plus de clarté dans les orientations retenues.

Pour toutes ces raisons, j’aimerais qu’au sein du gouvernement et de la majorité parlementaire des voix s’élèvent pour contester le choix de sacrifier  la sécu et  se battent pour que celle-ci conserve les moyens de ses politiques. Au moment où certains appellent à un rééquilibrage social de la ligne du Gouvernement, voici une occasion toute trouvée de le faire. 

Marisol TOURAINE

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UNITAID

Mercredi dernier, le 28 mai, j’ai été élue présidente du Conseil d’Administration d’Unitaid, à Genève. J’assumerai cette fonction à l’issue du prochain Conseil, qui se tiendra à Séoul les 19 et 20 juin. Je suis heureuse et fière de cette belle responsabilité qui me permettra de porter des projets et des valeurs auxquelles je suis attachée : l’accès à la santé de tous partout dans le monde, grâce à l’innovation.

Unitaid, c’est l’agence de l’innovation en santé dans la galaxie des organisations internationales onusiennes qui s’occupent de santé globale, concrètement de l’accès à la santé dans les pays à faible revenu. Elle n’intervient pas directement auprès des populations : elle propose des procédures, des techniques ou des organisations innovantes aux organisations internationales et non gouvernementales qui interviennent sur le terrain, par exemple le Fonds Mondial, l’OMS, Médecins Sans Frontières. Sans Unitaid, l’action opérationnelle de ces acteurs de terrain serait plus longue, plus coûteuse, moins efficace. Unitaid est la facilitatrice e projets partagés. Pour Unitaid, l’innovation est ce qui permet de déployer à grande échelle des projets d’accès à la santé là où celui-ci est insuffisant.

Au départ, il s’agissait de combattre les trois grandes épidémies mondiales que sont le VIH-SIDA, la tuberculose et le paludisme en faisant baisser drastiquement le prix des traitements à destination des pays pauvres. Dans ce domaine, des progrès considérables ont été accomplis et le modèle d’Unitaid a fait ses preuves. C’est intéressant à analyser à un moment où le défi du prix des médicaments innovants  concerne désormais les pays riches eux-mêmes.

Progressivement, le champ d’intervention d’Unitaid s’est élargi, à d’autres maladies, l’hépatite C par exemple ou le cancer du col de l’utérus, ou à d’autres innovations, par exemple des techniques nouvelles permettant que les traitements soient mieux suivis : l’innovation des injections de longue durée (long acting injection) est un pas important, puisqu’elles permettent de remplacer des mois de traitement (contre le sida par exemple) par une seule injection. 

C’est ce travail qu’il faut aujourd’hui poursuivre, sans abandonner la priorité que constitue la lutte contre les trois pandémies mondiales. L’amélioration des organisations de santé, les nouvelles technologie ou une meilleure prise en compte des demandes de la société civile, peuvent permettre un meilleur accès à la santé des populations les plus éloignées des soins ou les plus vulnérables.

Unitaid, c’est l’innovation au service d’un projet éminemment politique : réduire les inégalités de santé, construire des sociétés plus justes et plus inclusives, faire reculer les discriminations. 

Ce combat, a bien des égards, a été le mien comme ministre de la santé pendant 5 ans, de 2012 à 2017, même si notre pays offre parmi les meilleures prises en charge au monde. Garantir cette excellence à tous, combattre les obstacles financiers qui empêchent encore certains de se soigner, améliorer la santé des plus vulnérables, renforcer la démocratie sanitaire et mieux respecter la voix des patients ont été au cœur de mes priorités. 

C’est pourquoi je suis heureuse de cette mission, qui me permettra de porter des valeurs et des projets auxquels je suis attachée.

Marisol TOURAINE

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Marisol Touraine élue présidente de l’organisation de santé Unitaid

Lire l’article paru sur le site du Figaro ci-dessous ou sur leur site en cliquant ici.

L’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine a été élue présidente d’Unitaid, organisation internationale qui vise à réduire le prix des médicaments pour des maladies comme le sida ou la tuberculose, a-t-elle annoncé mercredi sur Twitter.

Elle a indiqué qu’elle prendrait ses fonctions le 20 juin. Marisol Touraine, 60 ans, a été ministre des Affaires sociales et de la Santé de 2012 à 2017, sous la présidence de François Hollande. Hébergée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève, Unitaid a été créée en 2006. L’une de ses principales sources de financement est une taxe sur les billets d’avion. Grâce aux fonds collectés, cette organisation négocie des baisses de prix des médicaments en garantissant aux fabricants des volumes élevés et stables. Un autre ancien ministre français de la Santé, Philippe Douste-Blazy, a présidé Unitaid de 2007 à 2016.

Le Figaro avec AFP

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